La carte grise allemande, mode d'emploi
Une carte grise allemande se lit presque comme une carte grise française. Depuis la directive européenne 1999/37/CE, les certificats d'immatriculation des pays de l'Union partagent les mêmes repères en lettres : une fois le code identifié, sa signification est la même à Berlin qu'à Paris.
Le document s'appelle Zulassungsbescheinigung et se divise en deux parties. Le Teil I (l'ancien Fahrzeugschein) reste dans le véhicule : il porte les données techniques et le nom du titulaire. Le Teil II (l'ancien Fahrzeugbrief) est le titre de propriété, à garder chez soi. Pour comprendre le partage des rôles entre les deux, voyez notre guide dédié au Teil 1 et au Teil 2 de la carte grise allemande. Ici, on décode champ par champ, surtout le Teil I, celui qui décrit le véhicule.
Repères en lettres : le tronc commun européen
Les codes formés d'une lettre, parfois suivie d'un chiffre, sont harmonisés dans toute l'Union. Ils se retrouvent quasiment à l'identique sur la carte grise française, ce qui rend la lecture croisée simple.
| Repère allemand | Signification | Équivalent français |
|---|---|---|
| A | Numéro d'immatriculation (plaque) | A |
| B | Date de première immatriculation | B |
| C | Titulaire du certificat (nom, adresse) | C.1 |
| D.1 | Marque | D.1 |
| D.2 | Type, variante et version | D.2 |
| D.3 | Dénomination commerciale (modèle) | D.3 |
| E | Numéro d'identification du véhicule (VIN, 17 caractères) | E |
| F.1 | Masse en charge maximale techniquement admissible | F.1 |
| F.2 | Masse en charge maximale admissible à l'immatriculation | F.2 |
| G | Masse du véhicule en service (à vide) | G |
| J | Catégorie du véhicule (M1, N1, L...) | J |
| K | Numéro de réception par type | K |
| P.1 | Cylindrée (cm³) | P.1 |
| P.2 | Puissance nette maximale (kW) | P.2 |
| P.3 | Type de carburant, source d'énergie | P.3 |
| Q | Rapport puissance/masse (deux-roues) | Q |
| R | Couleur du véhicule | Non reprise sur la carte française |
| S.1 / S.2 | Places assises / places debout | S.1 / S.2 |
| T | Vitesse maximale (km/h) | T |
| U.1 / U.3 | Niveau sonore à l'arrêt / en marche (dB(A)) | U.1 / U.3 |
| V.7 | Émissions de CO2 (g/km) | V.7 |
| V.9 | Classe environnementale de réception CE (norme Euro) | V.9 |
Le repère C désigne le titulaire, pas forcément le propriétaire : en Allemagne, le Halter (détenteur) peut différer du propriétaire, une distinction qui se joue sur le Teil II. Quant au repère K, le numéro de réception par type, il devient central dès qu'il s'agit d'immatriculer le véhicule en France.
Codes en chiffres : les repères propres à l'Allemagne
À côté des lettres européennes, le Teil I comporte des codes numériques nationaux, absents de la carte grise française. Ils précisent le constructeur, la carrosserie, les émissions ou les pneus homologués.
| Code allemand | Signification |
|---|---|
| 2 | Abréviation du constructeur |
| 2.1 | HSN, code constructeur (Herstellerschlüsselnummer) |
| 2.2 | TSN, code type (Typschlüsselnummer) |
| 4 | Type de carrosserie |
| 5 | Désignation de la classe et de la carrosserie |
| 6 | Date de la réception par type |
| 9 | Nombre d'essieux moteurs |
| 10 | Code du carburant (lié au repère P.3) |
| 11 | Code de la couleur |
| 12 | Capacité du réservoir |
| 14 / 14.1 | Classe d'émission nationale et son code |
| 15 | Pneumatiques homologués |
| 16 | Numéro de la partie II (Teil II) |
| 17 | Marques et numéros d'homologation |
| 18 / 19 / 20 | Longueur / largeur / hauteur (mm) |
| 22 | Remarques et dérogations (modifications, restrictions) |
HSN et TSN : la clé d'identification du véhicule
Réponse directe : les codes 2.1 et 2.2 sont la HSN et la TSN, le duo qui identifie un modèle allemand sans ambiguïté.
La HSN (Herstellerschlüsselnummer) est un code constructeur à quatre chiffres attribué par le Kraftfahrt-Bundesamt (KBA). La TSN (Typschlüsselnummer) décrit le type précis : série, motorisation, carrosserie. Ensemble, elles servent à l'assurance, à la commande de pièces et à retrouver la version exacte du véhicule.
Côté français, il n'existe pas d'équivalent direct de la HSN/TSN. Pour reconstituer le code national d'identification du type (CNIT), on s'appuie sur le type, variante et version complets (repère D.2) ou sur le certificat de conformité.
Les repères à vérifier avant d'immatriculer en France
Pour préparer une immatriculation française, quelques repères comptent plus que les autres. Vérifiez-les et recoupez-les avec le certificat de conformité européen (CoC).
- D.1, D.2, D.3 : marque, type/variante/version et dénomination commerciale, la base de l'identification.
- E : le numéro d'identification (VIN). Il doit correspondre à celui frappé sur le châssis et à celui du CoC.
- J : la catégorie (M1 pour une voiture particulière, N1 pour un utilitaire léger...).
- P.1, P.2, P.3 : cylindrée, puissance en kW et carburant, utiles pour le calcul des taxes.
- K : le numéro de réception par type, qui conditionne un passage sans homologation individuelle.
Deux données françaises n'apparaissent pas sur la carte allemande. La puissance fiscale se recalcule côté français : voyez où trouver la puissance fiscale d'une carte grise allemande. Le CNIT, lui, se reconstitue comme vu plus haut. Le reste de la procédure (quitus fiscal, contrôle technique reconnu, demande en ligne) est détaillé dans notre guide pour immatriculer un véhicule importé d'Allemagne. La demande elle-même passe par le téléservice de l'ANTS, les guichets en préfecture ayant disparu.
Ce que la carte grise ne dit pas sur le véhicule
Les papiers identifient le véhicule ; ils ne racontent pas son passé mécanique. Un Teil I parfaitement rempli n'exclut ni un compteur trafiqué, ni un choc réparé à la va-vite, ni une usure prématurée. Avant un achat en Allemagne, souvent conclu à distance, faire contrôler la voiture par un professionnel comble cet angle mort.
Questions fréquentes sur la carte grise allemande
Quelle partie de la carte grise allemande porte les données techniques ?
Le Zulassungsbescheinigung Teil I, l'ancien Fahrzeugschein, qui reste dans le véhicule. Il regroupe la marque, le type, le VIN, la puissance, le carburant et le titulaire. Le Teil II (Fahrzeugbrief) sert, lui, de titre de propriété.
Que signifient les codes 2.1 et 2.2 sur une carte grise allemande ?
Le repère 2.1 est la HSN, un code constructeur à quatre chiffres, et le 2.2 la TSN, le code du type. Ensemble, ils identifient le modèle exact et servent notamment à l'assurance et à la recherche de pièces.
Comment retrouver le CNIT à partir d'une carte grise allemande ?
La carte allemande n'affiche pas de CNIT. On le reconstitue à partir du type, variante et version complets (repère D.2) ou du certificat de conformité européen, qui reprend ces données de façon exhaustive.
Où lire la puissance fiscale sur une carte grise allemande ?
Nulle part : la puissance fiscale est une notion française, absente du document allemand. Elle se recalcule côté français à partir de la puissance (repère P.2) et des émissions de CO2 au moment d'établir la carte grise en France.
La carte grise allemande permet-elle de rouler en France ?
Non : un véhicule qui reste durablement en France doit y être immatriculé dans le délai réglementaire. La carte grise allemande ne fait pas office de carte grise française, il faut demander une nouvelle immatriculation via l'ANTS.